Entretien avec Sandrine Gaussein-Casanova, ancienne directrice associée Soyuz

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Mais au fait, que pensent donc Soyuz du futur des contenus ? Après avoir invité dans nos colonnes de nombreux experts du content marketing et de la création de contenus digitaux, nous avons souhaité en ce début d’année 2016 vous faire part de notre propre vision ! Nous avons donc interrogé Sandrine Gaussein-Casanova, ancienne directrice associée de Soyuz.

 

Sandrine Gaussein-Casanova_Les Navigauteurs

Quelle navigatrice digitale êtes-vous ?

Eclectique. La plupart du temps j’ai une relation pratique à la navigation digitale : pour le travail, pour organiser mon quotidien, mes vacances… Et je deviens exploratrice à mes heures perdues : de sites qui offrent des expériences novatrices, ou en mode navigation inter-sites au fil des liens…

Mais surtout, j’aime la “vraie” vie ; aussi j’appréhende globalement la navigation digitale comme un filtre du réel, un zoom, un décrypteur, voire sa 4è dimension

 

Quelle est la dernière campagne de marketing digital qui vous ait interpellée ? Pourquoi ? 

Vos envies d’instants magiques, d’Accorhotels.com. Parce qu’on l’a créée ! Et je me suis dit que, vraiment, on avait du talent 😉

 

Contre quel(s) courant(s) du webmarketing ou des nouveautés du web résistez-vous ?

Je suis agacée par la mode du “content marketing”, qui fait que des sociétés s’improvisent “agences de content marketing”, convainquent les marques les plus crédules que la production d’un bon volume de contenus fera l’affaire, sans les inviter à construire une stratégie de prise de parole digne d’un vrai média.

Je me demande si cette mode ne pose pas un problème de wording, qui induit en erreur. Car ce qui, selon moi, est de plus en plus au coeur des dispositifs de marketing, c’est la création de sens pour les utilisateurs. Le contenu est le véhicule de ce sens, il vient dans un second temps. Finalement, on devrait peut-être parler de “meaning marketing”. Ça recentrerait le débat (et les budgets) sur l’essentiel.

 

A l’inverse, par quel vent digital vous laisseriez-vous volontiers porter ?

Par le datawind. Pour moi, bien exploité, il nous conduit à une approche plus écologique et humaniste des contenus.

Ecolo parce qu’on arrêtera de produire et déverser des tonnes de contenus, sans discernement.

Humaniste (pour les marques les mieux intentionnées), car l’hyperpersonnalisation des contenus -rendue possible par l’analyse de la data- apportera plus d’utilité, d’émotion, de sens et de valeur aux utilisateurs.

On est à l’orée du contenu intelligent, ou encore du “smart content, pour faire écho au “meaning marketing” 😉

 

2026, Odyssée des contenus ! A quoi ressembleront les contenus digitaux dans 10 ans ? 

Je dirais :

Hyper personnalisés, grâce à l’analyse data,

Immersifs et sensoriels (visuels, audios, olfactifs, tactiles… voire savoureux ?), avec le développement de la réalité virtuelle,

Interactifs, conversationnels, évolutifs, car cocréés avec les utilisateurs,

Omniprésents : sur nos mobiles, tablettes, dans nos voitures, maisons, sur nos montres, chaussures…

… autant dire que les contenus seront dotés d’une puissance marketing surnaturelle !

 

Votre job « next génération » : ce qui va révolutionner votre métier dans les prochaines années ?

La data : son analyse devient une nouvelle facette de notre métier de stratèges et producteurs de contenus.
La réalité virtuelle : elle nous invite à produire des formats de contenus toujours plus riches, avec des équipes pluridisciplinaires d’auteurs
Le tout avec un défi à relever : ne pas perdre de vue que les évolutions technologiques doivent se mettre au service du sens.

 

Votre Nord, votre conviction… en matière de communication digitale ?

… la création de SENS.
N’en sommes-nous pas tous en constante recherche ?

Et pour créer du sens, une condition s’impose aux marques : être sincères. Elles doivent se demander qui elles sont, quelle est la valeur, le sens qu’elles se proposent d’apporter. Pour elles-mêmes (car derrière une marque, il y a des hommes et des femmes). Pour les autres.

 

 

Article publié par Isabelle Laumonier, consultante Editorial chez Soyuz.