Entretien avec Julie Potvin, directrice artistique digitale

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Le digital en images ! Ce mois-ci, nous recevons Julie Potvin, directrice artistique québécoise, parisienne d’adoption. Elle nous fait part de son regard sur l’évolution de la communication digitale.

 

Je me rends régulièrement sur Instagram. J’observe plus souvent que je ne participe. On retrouve essentiellement sur mon compte (@juliepotvin) ainsi que sur ceux auxquels je suis abonnée tout ce que préfère : des paysages, de l’art et du design. Deux comptes retiennent mon attention en ce moment.

Celui de @christinephung, une créatrice de mode. Son compte est un gigantesque moodboard mêlant ses inspirations à ses créations, très graphiques.

Ensuite, @publicdomainrev nous fait découvrir des perles issues du domaine public : des œuvres d’arts et des illustrations scientifiques provenant du monde entier.

 

Quelle est la dernière campagne de marketing digital qui vous ait interpelé(e) ? Pourquoi ?

Je ne sais pas si on peut réellement parler de campagne marketing, mais j’ai été touchée par le projet « Icewatch Paris » de l’artiste Olafur Eliasson pour la Cop 21. L’artiste et son équipe ont mis en place un site web avec des informations sur la genèse du projet, et des vidéos de sa mise en place.

Parallèlement, ils ont utilisé Instagram pour faire parler de l’œuvre et c’était très réussi. J’ai suivi jour par jour la fonte de ces icebergs posés devant le Panthéon via les photos des utilisateurs, jusqu’à ce que je trouve un créneau pour m’y rendre moi-même. L’artiste a liké ma photo, ça a fait ma journée. (Je sais que ce peut être en réalité la personne qui s’occupe de son compte. Laissez-moi mes illusions!)

 

Contre quel(s) courant(s) du webmarketing ou des nouveautés du web résistez-vous ?

Snapchat et Periscope.

 

A l’inverse, par quel vent digital vous laisseriez-vous volontiers porter ?

Les objets connectés. Ils se démocratisent de plus en plus et on peut maintenant trouver des trackers d’activité, par exemple, à des prix abordables. J’aimerais cependant que ceux-ci soient encore plus discrets et plus intégrés à la vie quotidienne. On va y venir.

Et aussi les applications qui tirent parti de la géolocalisation. Si pratique lors des déplacements, particulièrement en voyage.

 

2025, Odyssée des contenus ! A quoi ressembleront les contenus digitaux dans 10 ans ?

Je n’ai pas de don de divination, mais peut-être un retour aux interfaces un peu plus expérientielles, une fois les gens lassés des interfaces très pragmatiques qui ont la cote depuis quelques années. Il s’agit sûrement de wishful thinking plutôt que de véritable intuition de ma part, par contre.

 

Votre job « next génération » : ce qui va révolutionner votre métier dans les prochaines années ?

C’est très difficile à prévoir. Si en 2002, on m’avait prédit la disparition de Flash, je n’y aurais pas cru.

Même chose concernant la taille des écrans : au début on partait du principe qu’avec le temps, les gens disposeraient d’écrans toujours plus grands et que nous aurions plus d’espace pour exprimer notre design. Les smartphones sont venus changer complètement la donne !

J’imagine donc que nous verrons apparaître de nouveaux appareils, qui imposeront de nouveaux formats et une nouvelle manière de véhiculer le contenu. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne s’ennuiera pas !

 

Votre Nord, votre conviction… en matière de communication digitale ?

Ne pas prendre les utilisateurs pour des idiots. Faire oublier la machine et la technologie et tenter de rendre l’expérience plus sensible et plus humaine.

 

 

Article publié par Julie Dallemagne, consultante Digital chez Soyuz.